(94) Orly

Un nouveau doublet géothermique à Orly

 

Le groupement de l’OPAC (Office Public d’Aménagement et de Construction) du Val de Marne et d’Expansiel est un acteur majeur du logement social en Île-de-France. Le groupe est constitué de plusieurs organismes qui lui permettent d’intervenir sur tous les métiers : aménagement, construction en locatif social et en accession à la propriété, gestion. Il représente aujourd’hui 33 000 logements sur toute la région. L’objectif de livraison est de 1 000 logements par an.

Le groupe présente la particularité de gérer un réseau de chaleur géothermique, situé sur les villes d’Orly et de Choisy-le-Roi. Le premier doublet, un puits artésien produisant 100 m3/heure, a été foré en 1982 à l’occasion d’une vaste opération de réhabilitation (parc de 6 000 logements), qui incluait la réfection des installations de chauffage. Un second doublet, qui produisait 250 m3/heure à l’aide d’une pompe immergée, a été creusé en 1986.

Avant 2005, l’ensemble de ce réseau alimentait 8 000 équivalents logements, ainsi que quelques lycées. La géothermie assurait 78 % à 80 % des besoins en énergie, avec une production de 68 000 MWh et une économie d’énergie d’environ 5 700 tep par an.

 

En 2005, un incident est survenu sur le doublet le plus important et a conduit à son abandon. Afin de pallier l’absence de production géothermale, les chaufferies gaz réservées à l’appoint ont été mobilisées, ce qui a généré d’importants surcoûts de fonctionnement pour l’OPAC. Une solution de remplacement devait être trouvée rapidement. Dès fin 2005, des études ont été lancées pour étudier la faisabilité d’un nouveau doublet. L’OPAC a alors choisi de s’appuyer sur une assistance à maîtrise d’ouvrage, le Cabinet BOISDET, puis de lancer la maîtrise d’œuvre, à l’aide cette fois du bureau d’études ANTEA. Dès le départ, l’OPAC a sollicité l’ADEME et la DRIRE, afin de bénéficier de leur appui. Le soutien apporté par ces deux organismes d’État a beaucoup contribué à la réussite de ce projet. L’OPAC avait des craintes concernant le montage du dossier administratif et, notamment, l’autorisation de forage et la demande de permis d’exploiter. L’appui de la DRIRE a été décisif, car même si le temps d’instruction s’est avéré assez long, le projet s’est très bien déroulé. La surprise est venue des aspects budgétaires. Les estimations financières de départ prévoyaient un montant total de 4,5 M . Or, dès les premières études, le budget estimé a avoisiné les 7 M , ce qui a nécessité de revoir le montage de l’opération. Ce décalage provient essentiellement d’un manque de références récentes dans ce domaine en Île-de-France, ainsi que de l’évolution du prix de l’acier. Une fois cet écueil passé, le plus complexe a été la réalisation de l’ouvrage en lui-même, c’est-à-dire la partie technique. C’est une société française, la compagnie de forage COFOR, qui a été retenue par appel d’offres. Les travaux de forage ont commencé en juillet 2007 et l’ouvrage a été livré en février 2008.

 

Un débit minimum de 300 m3/heure avait été estimé. Après trois mois de fonctionnement, l’ouvrage affiche un potentiel supérieur à ce qui avait été évalué, ce qui est très rassurant pour les 20 années à venir. Cela va certainement permettre de compenser l’arrêt du doublet qui fonctionne depuis 1982 et présente quelques problèmes de corrosion.

 

Crédit photos : ANTEA