(94) Villejuif

Le pilotage intelligent des installations énergétiques de l’Institut Gustave Roussy

L’Institut Gustave Roussy (IGR) compte 2 400 salariés, réalise 160 000 consultations par an et 42 000 malades y sont soignés. En 2004, s’est posée la question de la pérennité des installations de chauffage des bâtiments et de l’eau chaude sanitaire. Les installations étaient anciennes (plus de 20 ans de fonctionnement) et leur consommation énergétique trop importante : leur renouvellement s’imposait. Une opération de restructuration était également prévue et devait aboutir à 30 000 m2 supplémentaires de locaux.

 

Après une mise en concurrence, le choix de l’IGR s’est porté sur une installation intelligente dans la durée. L’enjeu était de concevoir la configuration qui utilise la source d’énergie la moins chère. Le contrat signé par l’IGR, prévu pour 10 ans, inclut la conception, la mise en place des nouvelles installations énergétiques, dont l’IRG reste propriétaire pendant cette durée et l’exploitation. Les critères de choix des énergies adaptées se sont donc fondés sur la meilleure productivité, la distribution la plus sûre et la moins coûteuse. L’idée est de pouvoir à tout moment choisir entre le gaz, le fuel ou l’électricité.

 

L’hôpital est traditionnellement un gros consommateur pour l’éclairage ou les appareils électriques. Grâce à ces installations, l’hôpital réalise des économies et digère mieux les hausses de coûts de l’énergie. L’installation fonctionne très bien sur le plan de l’efficacité énergétique mais il faudrait ajouter des critères écologiques (incitation à choisir l’énergie la plus propre possible).

 

La contrainte majeure a été de construire les nouvelles installations sans démanteler l’existant dans un premier temps. Le travail sur les installations de production et de diffusion d’air s’est révélé délicat car tous les étages devaient être alimentés en permanence. Les arrêts du système d’aération devaient être très courts, imposant de disposer d’un maximum d’éléments préfabriqués.

 

C’est en acceptant de pendre le risque de s’engager sur la durée sur le rendement thermodynamique que COFLEY a remporté l’appel d’offres. Le grand challenge a été d’installer le tout en intégré. Le budget pour la partie thermo-frigorifique et la distribution s’élève à 12 millions d’euros. Les installations sont prévues pour fonctionner pendant au moins 20 ans.

 

Plusieurs aspects de ce projet sont à mettre en avant de par leur caractère novateur pour lesquels il n’existe pas d’autre référence mondiale :

  • l’installation d’aérocondenseurs à la place des tours aéroréfrigérantes d’une puissance aussi importante (14 MW) : ils fonctionnent sans eau, ce qui limite le risque de légionelles, qui a touché l’Institut à plusieurs reprises ;
  • la récupération d’air extrait de toutes les centrales d’air permet de réchauffer le réseau d’eau glacé et de solliciter encore plus les pompes à chaleur ce qui permet de limiter le recours aux énergies fossiles ;
  • la gestion intelligente du système en temps réel qui permet de prévoir deux heures à l’avance l’énergie qui sera sollicitée en fonction des besoins et des prix des énergies ; cela conduit à des coûts de maintenance sur les installations réduits.

 

L’entreprise COFELY s’est engagée sur 10 ans sur la performance des équipements mis en place. Elle a pris un risque sur les rendements prévus, mais après avoir vérifié toutes les performances commerciales et techniques de ses sous-traitants. L’entreprise s’est également engagée, dans le cadre du contrat, sur l’évolution des rendements sur les 20 ans à venir et, après deux ans de fonctionnement, les résultats sont satisfaisants.

 

L’enjeu pour la performance de l’installation réside dans la compréhension par les utilisateurs des mesures énergétiques réalisées et dans la gestion de la maintenance.

  

Le cycle combiné chaud / froid

Cinq groupes froid et 4 pompes à chaleur permettent de réutiliser la chaleur extraite des bâtiments et d’améliorer l’efficacité énergétique. Une chaufferie fuel / gaz et une chaudière électrique complètent l’installation. Le système permet d’analyser la consommation heure par heure et d’adapter la production selon les prix de l’énergie et les besoins.

Pour remplacer les tours aéroréfrigérantes, COFELY a installé des aérocondenseurs. Ils utilisent de l’air à la place de l’eau et cela permet de réduire les risques de légionelles liées à la climatisation de l’hôpital.

En outre, le nettoyage de tours aéroréfrigérantes classiques nécessite 27 000 m3 d’eau ; les condenseurs n’ont besoin que de 15 m3 d’eau pour être nettoyés quatre fois par an.

 

 

Crédit photos : COFELY